Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 23:40

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Il y a peu de temps de cela, alors que je buvais un café en terrasse avec un ami juste en face du musée d’Orsay, j’ai eu droit sans l’avoir demandé à un masque capillaire à l’huile de crotte de pigeon. En d’autres termes, deux volatiles mal élevés se sont sentis suffisamment en confiance avec moi pour faire leur besoins, sans avertissement préalable, sur mes boucles scintillant de toute leur blondeur quelques mètres en dessous.

 

J’ignore tout des vertus de l’huile de crotte de pigeon mais je sais que son application laisse une trace jaunasse extrêmement collante sur les cheveux qui donne envie de rentrer chez soi illico faire un shampoing-démêlant-shampoing-démêlant-shampoing, etc jusqu’à n’avoir plus de doigts pour frictionner. Ce que j’ai fait.

 

Or il se trouve que quelques jours auparavant un de mes collègues avait laissé échapper un pet d’une puissance digne de la fusée Ariane en plein décollage et ce en ma présence, ce que j’avais déjà assez mal pris.

 

Entre pets et colique de pigeons, ma semaine prenait un tour décidément scatologique et j’ai commencé à interpréter un peu hâtivement cette succession d’événements malencontreux : « je suis vraiment dans la m…rde » en avais-je conclu, dans un accès de désespoir.

 

Seulement voilà : le lendemain, j’ai entendu à la radio que des chercheurs japonais de l’université de Keio avaient réalisé une étude sur le sens artistique des pigeons. Ill avait été prouvé scientifiquement que plus une œuvre avait de la valeur, plus les pigeons avaient tendance à déféquer dessus. C’est en tout cas ce que disait le présentateur radio…même si après une brève recherche Google, il s’est avéré que les conclusions de l’étude japonaise étaient un peu plus complexes que « crottes de pigeons sur objet ou sujet = chef d’œuvre ».

 

Evidemment j’ai préféré m’en tenir à la version simpliste et en repensant à la quantité phénoménale de déjections reçues, j’en ai conclu que ce n’était pas un hasard si les pigeons m’avaient désignée comme cible de tous leurs honneurs, alors que je me trouvais précisément en face du musée d’Orsay. Ma place n’était pas à l’extérieur mais bien à l’intérieur, accrochée au mur dans un cadre doré, entre un Van Gogh et un Monet !

 

Forte de cette nouvelle certitude, j’ai entamé la semaine suivante d’une humeur radieuse. Le vendredi soir, un jeune homme croisé dans un bar s’est mis à disserter longuement sur la magnificence de la courbe de mes mollets (enfin…de mes Monets) et sur la beauté inimitable de mes rotules, qu’il a fini tout bonnement par embrasser avant de s’éclipser, confirmant ainsi l’idée que j’étais un chef d’œuvre sur pattes.

 

Depuis je parade fièrement dans les rues de Paris avec un sourire énigmatique aux lèvres, à la Mona Lisa. Et de temps à autre, je jette des petits coups d’œil discrets vers le ciel, m’attendant joyeusement à une nouvelle volée de compliments.

 

 

 

Crédit image :

http://www.freedigitalphotos.net/images

 

Par Erika d.
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