Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 09:47

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Surfant depuis plusieurs jours sur une courbe de motivation ascendante, j’ai réussi à décrocher un entretien d’embauche pour un poste de rédacteur multidirectionnel à l’ESC Caen-Dieppe-Rouen. C’est en tout cas ainsi que je définirais le job, après une lecture attentive de l’offre d’emploi et deux pré-entretiens téléphoniques étonnamment réussis avec les responsables overbookés de la Communication.

 

Les ESC ou Ecoles Supérieures de Commerce ne font pas vraiment partie de mon champ d’incompétences mais j’ai décidé de ne pas chipoter, la ligne de flottaison de mon compte en banque commençant à présenter des signes avant coureurs de naufrage.

 

A grands renforts de dictons du genre « le mieux est l’ennemi du bien » ou « nécessité fait loi » et de coups de pied au fesses, je réussis à prendre un train du matin pour la Normandie.

 

A l’aube – 9h30 – j’arrive donc à Caen, ou à Rouen ou à Dieppe ; il est bien trop tôt pour que je sache où je suis exactement. Je sors de la gare pour tomber aussitôt sur une confiserie et un « coiffeur pour dames ». Les « coiffeurs pour dames » ont un charme fou. Ils incarnent la stabilité immuable des villes françaises de moins de 100 000 habitants qui refusent que les « dames » soient devenues de simples « femmes » puis vulgairement des « meufs » depuis la libération féminine. Ils défendent la tradition et la distinction, à l’aide de leur arme la plus farouche : les bigoudis.

 

Pour anéantir le trac qui commence à me nouer l’estomac, j’entre dans la confiserie où j’achète 400 grammes de spécialités locales sucrées que j’engloutis avant même d’être passée à la caisse, sous le regard dubitatif voire méfiant de la femme du confiseur. Elle réceptionne sèchement mes 5,80 euros et le sac de bonbons vide que le lui tends en m’indiquant la porte des yeux. Elle a un brushing en forme de casque à frisettes : le « coiffeur pour dames » d’à côté a dû mobiliser quinze régiments de bigoudis pour arriver à un résultat aussi spectaculaire.

 

L’estomac ragaillardi, je saute dans le bus et pendant le trajet, j’évite de regarder le paysage pour ne pas me laisser distraire. Je tente de me préparer mentalement pour l’entretien mais je ne peux pas m’empêcher de repenser aux frisettes de la dame de la confiserie : combien de temps de pause sous le casque chauffant a-t-il fallu pour obtenir un tel volume ?

 

Par miracle, je descends du bus à la bonne station. Je traverse une zone de bâtiments et d’arbres préfabriqués et je tombe assez vite sur l’entrée monumentale de l’ESC, où le visiteur est accueilli par les bennes – non moins monumentales - à ordures.

 

Arrivée dans les locaux, je croise un panneau d’information indiquant que l’ESC organise un séminaire d’une semaine sur la Crise Financière Internationale, pour évoquer « les pistes d’orientation et de dépassement du problème transnational de désorientation globale du système » ou quelque chose comme ça. L’activité des salons de coiffure n’a pas du tout été affectée par la Crise en tout cas ; c’est mon coiffeur qui me l’a dit. Ca m’avait rassurée.

 

A 10h pétantes, j’attends dans un couloir à moquette grise fine non tachante non peluchante, pas très gaie. A 10h10, je me trouve enfin face aux deux responsables de la Communication. L’homme porte un costume et la femme un tailleur, tous les deux gris-moquette. Leur teint aussi est assorti à la moquette. Ils ont l’air grave de ceux qui ont fait la Crise Financière Internationale, comme d’autres en leur temps avaient fait la guerre du Vietnam. Je voudrais bien leur remonter le moral. Je décide de porter plus souvent des couleurs sombres par solidarité ; je n’aurais pas dû mettre un pull rose. Ni un mini-kilt rouge. Je me sens assez stressée et légèrement en décalage.

 

L’élément féminin du tandem gris-moquette me dit gentiment de me mettre à l’aise et me demande si j’ai des questions. Le stress m’empêche de réfléchir, mon instinct a repris les commandes. Je réponds du tac au tac :

 

- Quel est le salon de coiffure le plus proche, je veux dire le plus proche de l’Ecole ?

 

Ma spontanéité m’a permis d’attraper le train de 11h15 pour Paris.

 

 

 

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Par Erika d.
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Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /Août /2009 16:31

 

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Ce matin j’ai laissé mon réveil me sortir du lit à 7 heures 58.

 

D’habitude, lorsque le petit carré à aiguilles tic-tacantes se met à biper de toutes ses forces pendant mon sommeil, je le salue d’un petit tapotement de la main qui l’apaise et il se rendort. Et lorsque je me réveille, il est trop tard pour consulter les annonces : les postes sont déjà pourvus. C’est du moins ce que je me dis, les choses vont si vite aujourd’hui.

 

A 9 heures précises, me voilà donc exceptionnellement lavée, habillée, parfumée devant mon ordinateur que j’ai parfumé également, pour le motiver. La technique semble fonctionner puisqu’il me dégotte une annonce en moins de cinq minutes. L’offre vient d’un grand cabinet de conseil :

 

"Prérequis pour le poste:


Une dimension personnelle méthode/organisation/efficacité qui allie
aisance relationnelle et curiosité dans l'idée.

Une faculté à se projeter dans le temps et à étayer les choses
sur la durée en étant capable d'assembler des actions distinctes
réalisées à des moments différents et concourants à la même intention."

 

Je forwarde l’annonce à mon ami Sophia, qui est de très bon conseil en matière professionnelle ; elle répond : « c’est flou, on n’y comprend rien, franchement, ça n’a pas de sens ». Ce à quoi je rétorque : « je sais c’est métaphysique, on dirait que le poste a été créé pour moi ! ».

 

Ravie, je rédige ma lettre de motivation en moins de deux :

 

                        Madame, Monsieur,

 

Je suis la femme de la situation, ne cherchez plus ! Je vais vous étayer les choses sur la durée avec une aisance dimensionnelle dans l’idée que vous ne soupçonnez même pas ».

 

                        A très bientôt,

                        Erika d.

 

Je joins mon CV puis j’envoie le tout à l’adresse mail indiquée dans l’annonce. J’éteins mon ordinateur  -peu habitué à une telle suractivité matinale - pour le récompenser de ses efforts.

 

Je n’ai jamais eu de réponse à ma candidature. Bizarre.

 

 

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Par Erika d.
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 12:50

 

 

 

Alors que je rendais visite à ma grand-mère à l’hôpital, mon portable s'est auto-neutralisé dans mon sac en composant trois fois de suite, et de son propre chef, un code PIN erroné, signe de ras-le-bol évident. Lorsque j’ai voulu le rallumer, il m'a dit : « PUK ? ». J’ai d’abord pris cela pour une insulte en albanais à caractère sexuel (fruit d’un déréglage aléatoire des paramètres de langue de l’appareil) avant d’envisager qu’il s’agissait sans doute d’une mesure de sécurité dont personne n’avait jugé utile de me parler jusque là.

 

Après consultation par e-mail d’une douzaine d’amis, j’ai compris qu’il s’agissait bien d’un code détenu sous haute protection par mon opérateur. Deux des amis en question m’ont vivement conseillé de « prendre contact avec mon opérateur ». En deux ans et demi d’abonnement, mes relations avec Orange s’étaient limitées à des mails jamais ouverts m’avertissant de l’arrivée d’une facture que je préférais ignorer. Entrer en contact avec Orange allait forcément être toute une démarche, en bref une opération compliquée. Je me trouvais donc dépourvue, seule au monde, sans Puk, sans mobile....

 

Quelques heures plus tard, pressentant un appel imminent de Brad Pit sur mon téléphone portable en grève, je décide de prendre ma vie -pardon, mon Puk- en main. Après une demi-heure de fouille archéologique dans mes dossiers classés selon une logique inconnue de tous (y compris de moi-même), je ressors toute ma paperasse Orange et je trouve les instructions requises. Soulagée, je mets en œuvre les instructions.

 

Je me connecte à mon compte orange.fr et ils me demandent mon mot de passe, ce qui est légitime et même plutôt correct de leur part. Je découvre dans ma paperasse que j'ai un code secret, un code d'accès et un mot de passe. Je me sens comme Jack Bauer à l'aube d'une mission cruciale.

 

Mon mot de passe, une fois testé, ne marche pas, probablement parce qu'il n'a pas été utilisé depuis deux ans. Je clique sur "mot de passe oublié" et on me répond aimablement que le mot de passe m'a été envoyé par SMS. Je me sens vraiment soulagée jusqu’à ce que je m’aperçoive que je ne peux pas lire le SMS, puisque mon téléphone est verrouillé. Ils sont blondes chez Orange, me dis-je, enchantée de voir que j’ai choisi le bon opérateur.

 

Par chance, j'ai un téléphone fixe. Je tapote le numéro d'assistance et une suave voix numérique me demande de taper 1+ 1 si c'est mon PUK que je cherche. Trop beau pour être vrai !

 

Je tape frénétiquement 1 puis 1 sur mon clavier téléphonique avec l'air illuminé, fou d'espoir, de Jeanne d'Arc qui elle aussi entendait des voix, paraît-il, alors que les services d'assistance téléphonique n'avaient pas encore été inventés. Et là vlan, la voix me demande mon "code à 4 chiffres" sur un ton menaçant qui semble vouloir dire : "si tu te trompes, ne compte pas sur nous pour te donner ton Puk ni quoi que ce soit d'autre". Retour frénétique à ma paperasse Orange qui me révèle que j'ai DEUX codes à 4 chiffres : le code secret et le code d'accès. Moment de doute atroce. Je joue mon va-tout, me fie à ma seule intuition et décide de taper les 4 chiffres de mon code secret. S'ensuivent cinq ou six secondes de silence intolérable et le verdict tombe : gagné !! La voix numérique radoucie me susurre à l'oreille les 8 chiffres d'un code Puk bien mérité.

 

Je rallume mon portable qui bipe, bipe, bipe de joie à l'ouverture. Je trouve, attendrie, trois SMS d'Orange contenant mon mot de passe. J'ai dû cliquer un peu nerveusement sur le lien "mot de passe oublié", me dis-je.

J'en profite pour me connecter à mon compte orange.fr pour montrer que j'utilise les mots de passe que mon opérateur m'envoie par SMS. Je redécouvre mon abonnement Pro (Orange est bien la seule entreprise à me considérer comme une pro et ça me fait plaisir). Et je surfe sur les factures aux montants indécents d'un air radieux.

 

Vingt minutes plus tard, je lève la tête des lignes de chiffres et je m'aperçois qu'il est 21 heures passées et qu'il faut que je fonce au vidéo club si je veux arriver avant la fermeture, compte tenu du temps de trajet en métro. Pendant le trajet, je médite sur le fait que l'idéal serait d'être inscrite à un vidéo-club accessible à pied... en moins d'une demi-heure. Perturbée par ces considérations, je rate la station et je descends à la suivante. Je marche jusqu'au vidéo-club en me disant que c'est décidément agréable d'aller à pied à son petit vidéo-club de quartier.

 

La journée se termine en beauté sur un épisode de la série américaine "A la Maison Blanche" dans lequel un psy dit à un des héros, victime d’un choc post-traumatique : "don't worry ; we get better" (traduction : « ne vous inquiétez pas, on s’en remet »). Je m'endors paisiblement sur cette note d'optimisme.

 

 

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Par Erika d.
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 17:54

42 Differentiation 

 

« Que fait une blonde sur un circuit de Formule 1 ?

 De l’auto-stop ».

 

« Deux blondes discutent :
- Je me demande quelle destination est la plus proche de nous, la Lune ou la Floride ?
- Ben c'est la Lune, la Floride on ne la voit pas d'ici ! »

 

Ce genre d’anecdotes fait rire les gens. Je ne vois absolument pas pourquoi.

 

La vie quotidienne des blondes n’est pas simple et ça n’a rien d’amusant, même si tout le monde n’en comprend pas la logique. Typiquement, avant de me coucher, je dépose sur ma table de nuit un verre d'eau plein pour quand j’ai soif et un verre d'eau vide pour quand je n'ai pas soif. Ce qui donne deux fois plus de verres à laver le matin. Si jamais je devais passer un alcotest, je suis sûre que je ne saurais pas répondre à toutes les questions et que l’agent en déduirait injustement que j’ai trop bu. Et puis je me sens très angoissée au moment des fêtes : j’ai toujours peur que Noël tombe un vendredi 13. Mon entourage trouve ça absurde, ce qui aggrave la situation.

 

Les médias ne parlent que de la crise depuis quelques années : ils diffusent en boucle des témoignages de gens qui disent « y en a marre de ci et de ça ! ». Pourquoi ne m’a-t-on jamais interrogée ? Moi aussi, j’en ai marre : je suis en crise depuis que je suis née. Evidemment que la société est inadaptée !! C’est maintenant qu’on s’en aperçoit ? A moi, la société me crée depuis toujours des difficultés et cette fois, j’ai décidé de témoigner.

 

En somme, il me semble que le monde est en décalage complet avec les blondes. Peut-être d’ailleurs parce que nous venons d’un autre monde, beaucoup plus proche de la Lune que de la Floride…

 

Allez, à bientôt !

 

 

P.S.O.S : J’ai appuyé sur la touche « Enter » de mon ordi mais rien ne se passe…Je voudrais que ce texte s’affiche sur internet. Allô, y a quelqu’un ? Suis bien en ligne ?Clic, clic, clic. Hou là ! Mince, c’est pas ça. M’enfin y paraît que c’est simple, d’écrire un blog ! Enter, Shift, Ctrl, Caps Lock, Alt Gr, Halte Grrrrr : aucune touche de mon clavier ne marche ; ça ne veut pas me le mettre en blog. Bon. Je vais appeler un ami qui s’y connaît.

 

 

 

Crédit photo :

http://www.freedigitalphotos.net/images

 

Par Erika d.
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