Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 11:57

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« Que fait une blonde sur un circuit de Formule 1 ?

De l’auto-stop »

 

Certaines personnes trouvent ça drôle, moi non.

Une fois, j’ai attendu trois heures et demie en plein soleil au bord de la piste et personne ne semble s’être rendu compte de ma présence. J’ai failli tomber dans les pommes ; je ne me souviens même plus comment j’ai fait pour rentrer chez moi.

 

Même si je passe pour une imbécile, je recommencerai.

Je recommencerai parce que, moi, j’y crois dur comme fer : je suis persuadée qu’un jour, un pilote s’arrêtera en me voyant. Il se rendra brusquement compte qu’il en a marre de tourner en rond et il m’emmènera où je veux, et sans dépasser les limites de vitesse. J’ai peur quand on dépasse la vitesse autorisée.

 

Je passe pour une imbécile parce que je crois que la vie est un conte de fée et que ni les difficultés parfois insurmontables de l’existence, ni les sarcasmes des gens qui ont peur du rose et des paillettes ne me feront penser autrement.

 

 

                                                                    &&&&&&

 

 

Il était une fois une blonde, au bord d’un circuit de Formule 1.

Défiant insolations, intempéries, faim, soif, fatigue musculaire et crashs de sortie de virage, elle avait connu – le bras tendu, le pouce levé, au bord de la piste- à peu près toutes les saisons.

 

Un jour de printemps alors qu’elle avait passé plus d’heures sur le circuit qu’un pilote vétéran, elle s’est aperçue que son tube de crème solaire était vide et que les bolides de compétition, en passant à toute allure le long de son coin de piste, avaient soufflé toutes les paillettes de son tee-shirt rose. Elle a laissé retomber son pouce et elle s’est effondrée par terre. Elle a brusquement arrêté de croire aux contes de fées et aux pilotes de Formule 1. Des larmes se sont mises à rouler sur sa peau desséchée. Elle a fermé les yeux et puis elle a entendu une voix : « mademoiselle, eh oh, mademoiselle ». Elle a ouvert les yeux et elle a vu un jean bleu clair puis un tee-shirt blanc puis une paire d’yeux turquoise avec de minuscules taches de lumière dorées.

 

-         Il faut pas rester là vous savez, c’est dangereux.

-         Je sais.

-         Je suis garé à l’extérieur. Je peux vous conduire quelque part ?

 

Elle s’est relevée très lentement, en silence. Si on lui avait raconté qu’il existait des yeux de cette couleur-là, de cette douceur-là, avec une telle lumière à l’intérieur, elle n’y aurait jamais cru. Elle regarde l’homme d’un air un peu dubitatif ; il sourit et demande :

 

-         Vous allez où ?

-         Je sais pas…

-         Ca tombe bien, moi non plus

 

L’homme en jean bleu clair lui ouvre la porte d’une petite Austin vert pomme, tellement vieille qu’elle n’est même plus capable atteindre la limite de vitesse. Il lui tend un jus de fruit glacé. Il démarre et elle l’observe attentivement, avec un sourire rêveur.

Le temps change, des nappes de brouillard apparaissent et les yeux virent à l’émeraude, éclairant le paysage alentour d’une lueur étrange, comme un vers luisant. Puis la brume se dissipe et elle aperçoit de petites voiles blanches qui flottent sur le regard bleu ultramarin. Elle sent quelque chose de rugueux sous les mains : c’est du sable. Elle se réveille sur la plage devant une baie tellement large que l’horizon semble sans fin.

 

Les yeux sont toujours là, ils ne la quittent pas. Elle se dit qu’il était temps qu’elle arrête de croire aux pilotes de Formule 1.

 

                                                                                 -FIN-

 

 

 

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Par Erika d.
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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 17:49

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C’est l’histoire d’une Libanaise qui va en Europe. Elle commande une boule de glace vanille dans un bistrot et le serveur lui répond en pointant la carte :

 

-          C’est une coupe de 3 boules. Vous voulez trois boules vanille ?

-          Non, je veux une boule vanille s’il-vous-plaît, répond la Libanaise

-          C’est une coupe de trois boules, comme je vous le disais…

-          Vous ne pouvez pas me donner une seule boule ?

-          Non, désolé. C’est trois boules ou rien.

-          C’est absurde ! J’ai vraiment envie de cette glace mais je n’ai pas assez faim pour les trois boules !

-          Ben vous en laisserez deux alors !

 

La Libanaise a avalé sa boule de glace en se demandant ce qu’était que ce monde où l’on vous force à consommer, où l’on vous donne trop pour jeter ensuite. Elle s’est dit « alors c’est ça le monde développé » d’un air de dégoût.

 

C’est aussi l’histoire d’un Européen qui vit au Liban, un ami de la Libanaise friande de glaces. Il va chez son marchand d’outils préféré – qui vend un peu de tout d’ailleurs- pour acheter un marteau. Le marchand lui répond :

 

-          Je n’ai pas de marteau en ce moment, désolé ! Par contre, j’ai cette superbe scie.

-          J’ai besoin d’un marteau !

-          Vous voyez, elle a des dents de tailles différentes, très pratique, en acier brossé et surtout un manche particulièrement robuste.

-          Mais je veux un marteau, conteste l’Européen d’un air excédé, vous en aurez quand ?

-          Je ne sais pas, c’est selon arrivage, vous savez comment c’est, j’ai passé la commande des marteaux il y a un moment, répond le marchand sincèrement navré. En attendant, vous pouvez toujours utiliser le manche de la scie pour planter vos clous, vous voyez, il est très, très robuste.

-          Merci, je vais me débrouiller autrement !

 

L’Européen rentre chez lui en songeant intérieurement : « c’est épuisant, il peut pas juste me dire qu’il n’a pas de marteaux, au lieu d’essayer de me refourguer une scie ! A ce degré d’imbécillité, faut pas s’étonner que ce pays soit sous-développé ».

 

En entendant ces deux histoires, mon esprit a aussitôt commencé à naviguer entre les deux mondes, celui du trop-plein et celui de la pénurie… en me demandant auquel des deux j'appartiens vraiment.

Je dois avouer que je me suis reconnue dans le marchand d’outils car moi non plus je n’ai pas de marteau ! Un jour j’ai voulu accrocher un tableau et j’ai attrapé ce qui me tombait sous la main – un vase en porcelaine bien épais – pour tenter d’enfoncer le clou dans le mur. Le vase s’est brisé, j’ai eu de la chance de ne pas me blesser. J’en ai conclu que les clous étaient certainement horriblement méchants, sinon ils n’auraient pas réduit en morceaux un si joli vase ! J’ai décidé de ne plus jamais utiliser de clous et j’ai posé mon tableau sur la cheminée. J’aurais été ravie si mon cousin n’avait pas fait remarquer que mon tableau serait mieux accroché au mur, près de la fenêtre. J’ai failli lui dire franchement ce que je pensais des clous mais il se serait moqué de moi, comme toujours, alors j’ai préféré me taire.

 

Et j’ai fait ce que je sais faire de mieux : je suis retournée dans mon monde à moi. Dans mon monde, il n’y a pas de marteau, pas de clous, car il n’y a pas besoin de frapper, de percer. Les différents éléments s’encastrent naturellement et tiennent non pas par la force tout-court, mais par la force des choses. La grâce, l’équilibre.

Par Erika d.
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 22:13

Le lecteur va croire que je traite avec nonchalence mon rendez-vous mensuel du 14, eh bien pas du tout ! Je dois faire face ce mois-ci A un problEme presque insurmontable et inEdit...

Je suis actuellement au Liban oU je rends visite A une amie, et je n'arrive pas A trouver de clavier Azerty, dans un pays francophone, c'est un comble !! C'est la raison pour laquelle ce texte est amputE de ses accents, tel un couscous sans semoule. Je passe vraiment pour une andouille...

J'ai pensE que je rEussirai A Ecrire tout un article sans un seul mot contenant un accent mais c'est beaucoup trop difficile. Pffffffff. Je vais donc errer dans Beyrouth A la recherche d'un web cafE francophone militant (que des claviers francais, pas de fichu Qwerty anglophone). Je ne peux donc pas donner au lecteur de date de publication exacte, je m'en excuse : le plus tOt possible, une fois mon problEme rEglE...enfin vous voyez ce que je veux dire.

 

A bientOt !

 

Erika

 

P.S ; j'ai mis les voyelles normalement accentuEes en majuscules, en gage de ma bonne volontE orthographique.

Par Erika d.
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 14:09

25 Hands linking Freedigit

 

J’ai eu récemment l’honneur et je dirais même le privilège d’expérimenter, à l’occasion d’un séjour chez un ami, le partage de toilettes.

 

Chez l’ami en question, les WC sont sur le palier et d’utilisation commune avec les voisins, ce qui crée une intimité soudaine et inattendue avec de parfaits inconnus. En effet, à Paris, on a rarement l’occasion de côtoyer vraiment ses voisins et encore moins les voisins de ses amis. Le partage de WC multiplie les opportunités de rencontre, à toutes les heures du jour et de la nuit. La première difficulté survient quand on arrive au même moment devant la porte et qu’il faut définir un ordre de passage. Evidemment si le voisin tient un magazine à la main, il suffit de lancer :

 

« Ah là je vois que c’est du sérieux, je suppose qu’il y en a pour un moment, si ça ne vous ennuie pas, je passe en premier, ce sera rapide, promis ! »

 

Et là bien évidemment, je me retrouve paralysée par la présence du voisin de l’autre côté de la porte et ce qui aurait dû être un petit pipi express de 30 secondes devient une séance de yoga de 10 à 15 minutes pour parvenir à m’abstraire totalement du contexte environnant et à m’imaginer seule dans un bois, loin de tous, pour que s’écoule sans pudeur le flot tant attendu. Quand je libère enfin les lieux, le voisin a déjà lu l’intégralité de son magazine et me jette un regard furibard, auquel je réponds par un sourire gêné avant de disparaître. Bon ça, c’est au début parce qu’on arrive rapidement à des niveaux d’intimité insoupçonnables. Les conversations de palier - qui d’habitude tournent autour du temps qu’il fait - descendent rapidement au ras du slip, si j’ose m’exprimer ainsi :

 

« Bonjour comment allez-vous ? J’ai vu que le petit avait la diarrhée, c’est épouvantable (…) oui, merci, ma cystite est passée, j’ai bu du jus d’airelles comme vous me l’aviez conseillé et ça a très bien fonctionné, quel soulagement ».

 

Mais l’intimité entre voisins a ses limites et ce qui est à l’origine un acte banal voire prosaïque devient une sortie à part entière. Vous êtes-vous déjà demandé, par exemple, comment vous alliez vous habiller pour aller aux WC ? Eh bien moi oui, presque quotidiennement ! Prise d’un besoin urgent alors que j’étais en train de regarder un film affalée dans le canapé en jogging, je me suis aperçue que le jogging en question était troué et j’ai décidé qu’il était hors de question de prendre le risque que les voisins me voient ainsi ; je me suis changée. Une nuit, je me suis réveillée brusquement avec une folle envie de faire pipi et comme j’étais en nuisette moyennement décente, j’ai attrapé dans le placard la première chose qui me tombait sous la main pour au final faire ma « sortie WC » en robe du soir ultra chic et en talons. Là, je peux vous dire que j’ai regretté de n’avoir croisé personne !

 

Tout bien réfléchi le seul inconvénient majeur de cette expérience inoubliable a été la hausse exponentielle de mon « budget WC », pour deux raisons essentielles :

 

1)      Achat de papier-toilettes de marque, double épaisseur, molletonné et à fleurettes, bref la Rolls Royce du papier-toilettes, histoire de faire bonne impression. D’habitude je prends le produit le moins cher mais en l’occurrence, c’était une question d’image.

 

2)      Achat de spray déodorant en grande quantité, au parfum des îles ou à la violette, également pour faire bonne impression mais cette fois du point de vue olfactif, au risque de transformer les lieux en « hammam de senteurs » irrespirable.

 

Une fois rentrée chez moi, en retrouvant le luxe des toilettes privatives auxquelles on accède sans scrupule en nuisette comme en jogging troué, j’ai été envahie par un immense sentiment de déception. J’ai regardé tristement la lunette solitaire, qu’on astique que pour soi et pas pour qu’elle soit admirée par d’autres, à quoi bon…Et j’ai songé que dans nos sociétés modernes où le confort individualiste a remplacé le partage et la solidarité, la joie simple de pouvoir dépanner ses voisins d’un rouleau de papier, les WC avaient perdu à jamais leurs deux lettres de noblesse pour devenir à jamais un « petit coin » mesquin, fonctionnel et isolé.

 

 

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Par Erika d.
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 22:20

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De toutes les créatures de l’univers, les plus volatiles et difficiles à attraper sont les moustiques et les plombiers. Les deux espèces ont également en commun d’aimer les atmosphères humides et de vous sucer le sang – littéralement pour les uns et financièrement pour les autres. Mais moustiques comme plombiers sont indispensables à l’écosystème, les premiers en participant à la pollinisation des plantes, les seconds en prenant soin des tuyaux.

 

Pour immobiliser un moustique, il faut souvent de multiples coups de tapette, de même que de nombreux coups de téléphones sont nécessaires pour mettre la main sur un plombier. Et lorsqu’on croit être parvenu à ses fins, l’animal s’échappe in extremis relançant ainsi la traque frénétique. Aussitôt qu’on croit l’avoir assommé, le moustique se glisse à travers les interstices de la tapette pour filer glorieusement tandis que le plombier se volatilise pour « aller chercher un outil manquant » à peine arrivé chez vous ; et on ne sait jamais trop quand il reviendra.

 

Suite à une fuite de robinetterie inondant le salon de mes voisins du dessous, il m’est arrivé de rester pendant 10 jours avec l’eau coupée à attendre qu’un plombier veuille bien me secourir. L’absence prolongée de douche m’a mise dans un état bizarre. J’ai envisagé très sérieusement de débarquer dans les locaux de l’entreprise de plomberie la plus proche avec un spray à la citronnelle que j’aurais vidé sur place, en donnant des grands coups de tapette sur le bureau jusqu’à ce que la secrétaire, terrorisée et menacée d’asphyxie, planifie illico une intervention ferme et définitive à mon domicile. Mais plutôt que de recourir à la violence olfactive, j’ai préféré confier mes déboires à une amie, qui a rétorqué :

 

-         Je ne sais pas comment tu te débrouilles mais moi, mon plombier intervient dans les 24 heures quand j’ai un souci dans ce genre !

 

Affreusement vexée à l’idée qu'éventuellement ce soit moi qui fasse fuir les plombiers, j’ai repensé à cette histoire de citronnelle… Par acquis de conscience, j’ai vérifié la composition de mon parfum : effectivement, une touche discrète de citronnelle entrait dans le subtil mélange de fragrances. J’ai changé aussitôt de parfum et ma fuite a été réparée dès le lendemain. Hasard ou coïncidence ? J’ai du mal à le croire.

 

 

   

Crédit photo :

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Par Erika d.
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